Une réunion consacrée au Plan d'action unifié « Nouvelle architecture numérique de l'Azerbaïdjan », tenue sous la présidence d'Ilham Aliyev MIS A JOUR VIDEO
Bakou, 11 février, AZERTAC
Mercredi 11 février, une réunion consacrée au Plan d'action unifié « Nouvelle architecture numérique de l'Azerbaïdjan » s'est tenue sous la présidence du président de la République, Ilham Aliyev.
Le président de la République a pris la parole lors de la réunion.
Discours du président Ilham Aliyev
- Lors de la réunion d’aujourd’hui, nous allons discuter des questions liées au développement numérique, ce qui est une nécessité. Cette thématique conditionnera dans une large mesure notre développement futur. Les tendances et évolutions observées à l’échelle mondiale sont bien connues. Aujourd’hui, l’application de l’intelligence artificielle, la création de centres de données et les réformes liées à la numérisation déterminent de facto l’avenir du développement des pays. En Azerbaïdjan, un certain nombre de travaux ont déjà été réalisés dans ce domaine, et ces questions feront l’objet des discussions d’aujourd’hui. L’essentiel est d’inscrire cette thématique parmi les priorités majeures de nos actions futures.
Nous possédons une grande expérience dans les domaines du pétrole, du gaz et des infrastructures de transport — en matière de relations avec les entreprises internationales, de savoir-faire et dans la mise en œuvre de projets de grande envergure avec de nombreux pays. Car ces projets exigent à la fois des connaissances, des compétences, des qualités techniques et un large réseau de relations internationales. L’Azerbaïdjan a réalisé, dans diverses directions à des périodes différentes, de nombreux projets d’infrastructure importants avec ses voisins. Autrement dit, nous disposons non seulement de l’expérience, mais aussi de plateformes déjà établies. Les corridors de transport et d’énergie devront à l’avenir se transformer à la fois en ceux de fibre optique. Des travaux ont déjà été réalisés dans ce domaine. Lors de la construction des oléoducs et gazoducs, cette question a été en partie résolue. Cependant, cela ne répond évidemment pas aux exigences actuelles. C’est pourquoi nos initiatives dans les domaines de la numérisation, de l’intelligence artificielle et de la création de centres de données doivent assurer le développement durable et à long terme de notre pays. Nous avons de nombreux avantages. L’un d’eux est notre position géographique, qui est un avantage indépendant de notre volonté. Toutefois, la situation géographique d’un pays peut jouer en sa faveur ou lui nuire. Nous avons lié notre position géographique au développement de notre pays et nous y sommes parvenus. Ainsi, notre situation entre l’Asie et l’Europe, notre emplacement sur le corridor Nord-Sud et les infrastructures existantes créées nous offrent cet avantage.
Comme je l’ai mentionné, notre expérience de travail avec de grandes entreprises multinationales constitue également un avantage majeur. Le climat d’investissement y est favorable. Plus de 350 milliards de dollars ont été investis dans l’économie azerbaïdjanaise au cours des vingt dernières années. Les investissements étrangers sont protégés — tant par la loi que dans la pratique quotidienne. La protection des investissements, qu’ils soient locaux ou étrangers, détermine le développement de chaque pays, y compris celui de l’Azerbaïdjan. Je peux dire que nous avons ici une expérience rare. Nos projets pétroliers et gaziers, qui durent depuis plus de 30 ans, sont mis en œuvre aujourd’hui de la même manière qu’ils ont été initialement signés. Cette expérience doit, bien sûr, se manifester également dans nos relations avec les entreprises leaders du monde numérique.
Un autre de nos atouts réside dans le fait que nous avons considérablement augmenté notre capacité de production d’énergie grâce aux travaux menés ces dernières années. Au cours des vingt dernières années, notre capacité de production a presque doublé et constitue aujourd’hui 10 000 mégawatts. Les nouvelles centrales électriques — qu’elles soient à gaz, hydroélectriques, solaires ou éoliennes — définissent désormais la réalité énergétique de l’Azerbaïdjan. Actuellement, nous disposons d’au moins 2 000 mégawatts de capacité inutilisée, ce qui constitue une condition essentielle pour le développement de la numérisation, de l’intelligence artificielle et de la création de centres de données.
Il convient également de souligner que, dans notre région, et même dans une zone géographique plus large, les pays disposant de telles capacités sont rares, et aujourd’hui l’Azerbaïdjan assure son autonomie énergétique avec toutes les principales sources d’énergie, et en exporte même sur les marchés mondiaux. Si l’on prend en compte nos plans de développement des énergies renouvelables — qui ont été évoqués à plusieurs reprises —, notre capacité de production d’énergie augmentera encore à l’avenir sur la base des contrats signés. Nous devons donc tirer parti de cet avantage de manière efficace. Il va de soi que la demande croissante en électricité à l’intérieur du pays doit être prise en considération. Nous avons en particulier de grands projets de développement industriel. La population augmente, la production industrielle, notamment dans le secteur non pétrolier, se développe, et notre industrie non pétrolière a connu une croissance d’environ 8 % en janvier dernier. C’est pourquoi notre capacité énergétique doit soutenir le développement global du pays.
Parallèlement, comme vous le savez, des documents ont été signés avec nos partenaires étrangers concernant la pose de câbles pour l’énergie verte, et nous exporterons une partie de l’électricité. Cependant, comme je l’ai déjà mentionné, la création de centres de données nécessite également une grande capacité énergétique.
En ce qui concerne les connexions par fibre optique, comme je l’ai indiqué, ces câbles ont également été posés parallèlement à l’infrastructure énergétique. Actuellement, le projet de pose d’un câble à fibre optique qui nous reliera aux côtes orientales de la mer Caspienne est en cours de mise en œuvre, et j’espère qu’il sera achevé cette année. Ainsi, des connexions vers l’Est seront assurées, tandis que de nouvelles connexions doivent être développées vers l’Ouest. Bien entendu, la résolution de ces questions constitue également l’un des principaux points à aborder lors de la réunion d’aujourd’hui.
Un autre de nos atouts réside dans le fait que nous avons déjà établi des contacts dans ce domaine avec les principales entreprises mondiales. Des négociations ont eu lieu avec plusieurs entreprises leaders, et les capacités de notre pays leur ont été présentées. Parallèlement, nous entretenons des relations étroites avec les grands fonds mondiaux qui, je peux le dire, gèrent les ressources financières les plus importantes au monde. Le Fonds pétrolier national d’Azerbaïdjan collabore depuis de nombreuses années avec ces institutions, et une partie des réserves de devises de l’Azerbaïdjan y est gérée. Nous y investissons déjà des fonds, et lors des négociations récentes, la question de l’attraction d’investissements vers l’Azerbaïdjan par l’intermédiaire de ces institutions a également été soulevée et a reçu une réponse positive. Autrement dit, nous travaillons maintenant sur des projets concrets, et une partie des actions des entreprises leaders dans les domaines de la numérisation et de l’intelligence artificielle est également entre les mains des plus grands fonds américains que j’ai mentionnés. Cela constitue un atout majeur pour nous.
À cela s’ajoute le fait que la Charte de partenariat stratégique signée hier, dans ce bâtiment, entre le gouvernement américain et le gouvernement azerbaïdjanais nous confère également cet avantage. Cette Charte est un document historique. Elle a déjà été publiée dans la presse, et tout le monde peut en voir le contenu, y compris les questions liées aux centres de données, à la numérisation, à l’intelligence artificielle et à nos liens étroits avec les entreprises américaines dans ce domaine. Cela constitue donc à la fois un de nos atouts.
Dans le même temps, nous disposons de documents de partenariat stratégique avec dix pays membres de l’Union européenne. Bien entendu, les entreprises européennes ne peuvent pas rivaliser avec les entreprises américaines dans ce domaine, elles sont peut-être au moins une génération en retard. Cependant, certains travaux y sont également menés, et une coopération efficace avec les entreprises de ces pays doit également être assurée.
L’année dernière, nous avons signé un document de Partenariat stratégique global avec la République populaire de Chine. Autrement dit, nous faisons aujourd’hui partie des rares pays dans le monde à travailler, déjà dans un format de partenariat stratégique signé, avec les principaux centres de puissance mondiaux. Cela constitue donc un de nos atouts. On peut chercher longtemps, on ne trouvera probablement pas un autre pays dans le monde disposant d’autant d’avantages. Il serait donc totalement inacceptable de ne pas en profiter. En tenant compte de tout cela, des discussions sont menées, depuis un certain temps déjà, sur la coordination unifiée des travaux dans ce domaine et, sous mes instructions, des échanges d’idées ont lieu à ce sujet. Aujourd’hui, sous ma présidence, et compte tenu du fait que cette question est prioritaire, nous devons commencer, lors de cette réunion, à préparer un plan d’action concret concernant les travaux à réaliser. Nous devons le finaliser rapidement et ainsi donner un élan plus fort à ce secteur.
Lors de la présentation d’aujourd’hui, les principaux points seront exposés. Avant cela, je souhaite attirer votre attention sur certaines idées et donner quelques instructions. Tout d’abord, une coordination très étroite doit être assurée entre les organismes publics dans ce domaine. Il doit y avoir des contacts rapprochés entre les institutions, aucune dispersion n’est permise, et, dans un délai court, le ministère du Numérique et des Transports, en collaboration avec les autres organismes publics, doit élaborer un plan d’action pour me le soumettre.
Pour organiser les travaux de manière plus efficace dans ce domaine, je considère qu’il faudrait, dans chaque organisme public, et d’abord dans les ministères, désigner un vice-ministre chargé de la numérisation, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité, soit créer un poste spécifique, soit confier cette responsabilité à l’un des vice-ministres existants. Ainsi, le personnel et la direction du ministère du Numérique et des Transports sauront avec qui ils doivent être en contact, et cette question sera considérée comme prioritaire dans chaque organisme étatique. C’est le premier point.
Au cours des dernières années, différents organismes publics – ministères et autres institutions – ont développé diverses plateformes et applications. Pour que ce travail soit désormais mené de manière coordonnée, je considère qu’il ne sera plus nécessaire de maintenir toutes ces plateformes individuelles, et elles devront être progressivement supprimées. La période et le calendrier de cette transition seront proposés lorsque vous me soumettrez vos propositions. Les services publics doivent être fournis via « mygov », c’est-à-dire à partir d’un centre unique. Tout le monde doit en être informé – tant les organismes étatiques que les citoyens. Cela offrira un très grand avantage aux citoyens, tous les services nécessaires seront disponibles à partir d’une seule adresse. Bien sûr, vous m’indiquerez combien de temps sera nécessaire pour mettre cela en place. Parallèlement, les avantages des plateformes existantes, l’expérience acquise et le personnel ayant participé à leur développement devront également être impliqués dans le travail global. Autrement dit, j’apprécie les résultats obtenus, mais en même temps, le temps est venu aujourd’hui de centraliser tout cela dans un seul centre.
En ce qui concerne la formation du personnel, il s’agit d’une des missions principales. Ces derniers temps, certains travaux ont déjà été réalisés dans ce domaine. Nous devons accorder une attention plus importante à ce secteur dans notre système éducatif. Les étudiants des universités en activité en Azerbaïdjan, ainsi que ceux envoyés à l’étranger dans le cadre du programme d’État, doivent améliorer leur professionnalisme dans cette spécialité. Étant donné qu’il s’agit d’un processus à long terme qui ne fera que s’élargir, il y aura à l’avenir un grand besoin de personnel dans ce domaine. Naturellement, pour initier les élèves aux connaissances de base aux écoles secondaires, certains changements devront également être apportés aux programmes scolaires.
L’application de l’intelligence artificielle doit se développer largement au sein des institutions étatiques. Aujourd’hui, c’est le cas dans les pays leaders dans ce domaine. D’après les informations dont je dispose, dans certains pays très avancés dans ce secteur, les agents d’intelligence artificielle – c’est ainsi qu’on les appelle – assistent même quotidiennement les fonctionnaires dans leurs activités. En effet, l’intelligence artificielle peut naturellement être utile pour déterminer si une décision est correcte ou non. C’est pourquoi il faut examiner ce système, et les responsables des organes dirigeants doivent utiliser largement l’intelligence artificielle.
En ce qui concerne le secteur privé, des mécanismes de soutien doivent également être mis en place pour garantir la même approche. Des propositions seront présentées sur la manière dont nous pouvons encourager le secteur privé à accorder une attention plus grande dans ce domaine.
Les objectifs principaux en matière de cybersécurité doivent être définis. Ce domaine est également critique. L’année dernière, nous avons été la cible d’une cyberattaque très organisée et agressive. Nous connaissons la source de cette attaque et des mesures appropriées ont été prises pour nous protéger contre ces problèmes sérieux. C’est pourquoi une attention particulière doit être accordée à ce domaine. Nous disposons déjà d’un Centre de cybersécurité opérationnel, dont le fonctionnement doit rester toujours au centre de notre attention.
Bien sûr, comme je l’ai déjà mentionné, les contacts avec les entreprises leaders mondiales dans ce domaine doivent être renforcés. Je considère que la tenue de la réunion d’aujourd’hui et le fait que cette question soit placée sous le contrôle du Président de la République envoie un message fort à beaucoup de nos partenaires : l’Azerbaïdjan considère ce domaine comme une priorité. Quelles sont nos capacités ? Les avantages que j’ai énumérés doivent également être communiqués à nos partenaires étrangers. Les avantages que je n’ai pas mentionnés doivent maintenant être communiqués par vous, afin que nous puissions donner un élan puissant à ce domaine.
Comme je l’ai mentionné, un plan d’action doit être élaboré pour me soumettre. Les questions discutées aujourd’hui, ainsi que celles qui seront abordées et qui seront présentées dans le cadre de la présentation, doivent être intégrées dans ce plan d’action.
Je cède maintenant la parole au ministre du Numérique et des Transports, Rechad Nabiyev, pour la présentation.
x x x
Après la présentation du ministre du Numérique et des Transports, la réunion s’est poursuivie avec des débats.