Le président Ilham Aliyev participe à un panel à Munich MIS A JOUR VIDEO
Munich, 14 février, AZERTAC
Un panel portant sur le thème « Politique de corridor ouvert ? Approfondir la coopération transcaspienne » s’est tenu dans le cadre de la Conférence de Munich sur la sécurité.
Le président de la République d'Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, la première dame Mehriban Aliyeva et Leyla Aliyeva ont été présents à ce panel.
La modératrice Helga Maria Schmid : J’ai eu l’honneur de participer avec vous à ce panel il y a trois ans, alors que j’étais secrétaire générale de l’OSCE, afin de promouvoir la connectivité par la numérisation des routes commerciales. Votre pays a fortement investi dans le Couloir médian. Permettez-moi donc de vous demander quelles sont les perspectives pour le commerce futur entre l’Europe et l’Asie, notamment en termes de résilience et de diversification, y compris au regard d’itinéraires alternatifs tels que la route septentrionale via la Russie.
Le président Ilham Aliyev : Je vous remercie. Depuis notre dernière participation à ce panel, de nombreux changements sont survenus dans notre région, notamment en matière de corridors et de connectivité. Au cours de cette période, l’Azerbaïdjan a investi massivement dans les infrastructures physiques, notamment le transport de fret par les ports maritimes, les chemins de fer, les autoroutes et la voie aérienne. De toute évidence, pour devenir un hub régional de transport, il est indispensable d’entretenir de bonnes relations avec ses voisins, ce qui est le cas de l’Azerbaïdjan, tant vers l’Ouest que vers l’Est.
La position géographique de l’Azerbaïdjan, situé entre l’Europe et l’Asie, constitue un atout, mais elle n’a de valeur que si elle est appuyée par des infrastructures solides. L’an dernier, un nombre record d’unités de transport a transité par le pays, dépassant 100 000. Dans les prochaines années, ce chiffre devrait atteindre 200 000, voire 300 000, avec un objectif fixé à 500 000. À cette fin, l’extension de notre port commercial maritime a déjà été engagée et les investissements sont en cours.
Les projets de connectivité régionale ne concernent pas uniquement le ferroviaire, mais aussi les infrastructures numériques, notamment la fibre optique. Nous travaillons étroitement avec nos partenaires d’Asie centrale à la pose d’un câble de fibre optique sous la mer Caspienne, qui devrait être achevée cette année. Parallèlement, nous réfléchissons à de nouvelles opportunités à la suite de l’instauration de la paix avec l’Arménie.
Le corridor traversant l’Azerbaïdjan, puis l’Arménie, en direction des destinations européennes présente également un fort potentiel en termes de volumes de fret. L’Azerbaïdjan investit actuellement dans la construction et la modernisation de ses infrastructures ferroviaires. Au total, 600 kilomètres de voies seront construits ou rénovés sur le territoire azerbaïdjanais, tant sur le territoire principal que dans l’exclave du Nakhtchivan. En Arménie, la section concernée dépasse légèrement 40 kilomètres. Une fois ces travaux achevés, deux prolongements du Coiloir médian traverseront l’Azerbaïdjan, au bénéfice de l’Ouest, de l’Est et, bien entendu, des pays du Caucase du Sud.
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La Commissaire européenne à l’élargissement, Marta Kos, a souligné que des avancées avaient été réalisées dans la mise en place d’un corridor international associant l’Arménie et l’Azerbaïdjan, déclarant que le processus de paix entre les deux pays ouvrait de nouvelles perspectives. Ce qui paraissait initialement difficilement réalisable suscite désormais une réelle confiance. Elle a également exprimé la reconnaissance de l’Union européenne au président Ilham Aliyev pour son soutien constant aux initiatives européennes dans ce domaine.
Marta Kos a ajouté que la route reliant la Chine à l’Europe devait être davantage diversifiée. Les entreprises privées recherchent des options leur permettant d’acheminer des volumes plus importants dans des délais plus courts. D’ici à 2030, les volumes de transit via la route transcaspienne pourraient ainsi être multipliés par trois, représentant des flux de marchandises considérables et particulièrement attractifs pour le secteur économique.
Selon Wang Huiyao, fondateur et président du Center for China and Globalization et ancien conseiller d’État de la République populaire de Chine, les relations de la Chine avec l’Azerbaïdjan, l’Asie centrale et les autres pays de cette région ont toujours revêtu une importance particulière.
Évoquant l’initiative « la Ceinture et la Route », il a souligné que cette stratégie visait à simplifier les transports le long de ces axes, tout en contribuant à l’ouverture de nouveaux corridors et au développement de nouveaux projets. Il a précisé que cette initiative concernait également les pays de la région transcaspienne, ajoutant que la route transcaspienne revêtait une importance particulière.
Wang Huiyao a par ailleurs indiqué que la Chine prenait des mesures concrètes pour réduire les obstacles et renforcer la connectivité, estimant que ces avancées bénéficiaient à l’ensemble des partenaires. Il a qualifié l’Azerbaïdjan de pays ami et rappelé avoir participé à de nombreuses reprises aux forums de Bakou, saluant à cette occasion le « soft power » du pays.
La modératrice : En août dernier, vous avez signé une déclaration conjointe avec le Premier ministre de l’Arménie et le président des États-Unis, lançant ainsi la Route Trump pour la paix et la prospérité internationales (TRIPP). J’aimerais savoir comment cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large de la coopération transcaspienne. Par ailleurs, au stade actuel du processus de paix avec l’Arménie, quel rôle la connectivité peut-elle jouer comme mesure de confiance ? Plus directement, envisagez-vous la signature d’un accord de paix cette année ?
Le président Ilham Aliyev : J’espère que nous signerons un accord de paix cette année. Je l’ai déjà indiqué à de nombreuses reprises. Le fait même que l’accord de paix ait été paraphé à la Maison-Blanche, en présence du président des États-Unis, ainsi que la déclaration conjointe signée par le Premier ministre arménien et moi-même, avec le président Donald Trump comme témoin, suffisent à démontrer que la paix est d’ores et déjà une réalité. Depuis le mois d’août, nous connaissons une situation totalement nouvelle à notre frontière : aucun tir, aucune victime, aucun blessé, aucun incident. Nous avons également engagé une coopération concrète avec l’Arménie. Toutes les restrictions en matière de transport de marchandises à travers l’Azerbaïdjan ont été levées. Nous sommes reconnaissants envers nos amis géorgiens, qui assurent un transit essentiel une fois les marchandises arrivées en Azerbaïdjan et acheminées vers l’Arménie via leur territoire. Nous avons par ailleurs entamé la fourniture de produits pétroliers à l’Arménie, un approvisionnement crucial pour ce pays, marquant ainsi le lancement effectif d’échanges commerciaux réciproques.
Ainsi, du point de vue d’un accord de paix formel, tout dépend de la modification de la Constitution de l’Arménie, afin de supprimer la revendication territoriale envers l’Azerbaïdjan, existant depuis trois décennies. Le jour suivant cette modification, l’accord de paix pourra être signé officiellement. Entre-temps, la Route Trump pour la paix et la prospérité internationales jouera un rôle déterminant dans la création de nouveaux liens de connectivité. Comme je l’ai déjà indiqué, la route de transport reliant la Chine, l’Asie centrale, la région transcaspienne, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, l’exclave azerbaïdjanaise du Nakhtchivan, la Türkiye et, au-delà, l’Europe, créera une situation totalement nouvelle. Elle bénéficiera à tous les pays concernés. Tous les États traversés par la route seront davantage intégrés sur les plans politique et économique, ce qui constituera une contribution supplémentaire à une paix durable et pérenne entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. La paix ne peut être véritablement atteinte que si un processus pacifique est mené concrètement. La signature du document est essentielle : elle en constitue la base. Mais tout aussi important est ce que l’on fait ensuite.
Le temps écoulé entre le dernier affrontement sanglant entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie et le sommet de Washington a été de moins de deux ans. Je pense qu’il s’agit d’un record dans l’histoire des conflits, en particulier ceux qui ont duré trois décennies. Les deux parties ont ainsi démontré une forte volonté politique de mettre fin à cette confrontation et d’ouvrir un chapitre de paix. Nous vivons dans la paix depuis seulement six mois, et croyez-moi, c’est un sentiment très particulier. Il est profondément apprécié par l’ensemble de la population azerbaïdjanaise, et je n’en doute pas, également par celle de l’Arménie. Les projets de connectivité et les corridors nous uniront encore davantage, renforceront notre interdépendance et créeront une situation entièrement nouvelle dans le Caucase du Sud, où l’Azerbaïdjan, la Géorgie et l’Arménie commenceront enfin une interaction trilatérale.
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En réponse à une question de suivi, la Commissaire européenne à l’élargissement, Marta Kos, a déclaré : « Nous avons élaboré des projets concrets à l’agenda pour l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Türkiye. Vous avez mentionné le projet TRIPP, que nous considérons également comme une priorité. Bien qu’il ne couvre que 42 kilomètres, nous avons l’intention de mettre en œuvre non seulement TRIPP, mais aussi des projets complémentaires. Sans eux, son impact complet ne pourrait être atteint. Par exemple, assurer une nouvelle sortie ferroviaire via le Nakhtchivan suscite un grand intérêt auprès de toutes les institutions concernées. Je suis convaincue que le secteur privé pourra également formuler des propositions sur cette base. »
« Comme vous le savez, le processus décisionnel au sein de l’Union européenne n’est pas toujours simple. Cependant, dans la période actuelle, la mise en œuvre du projet TRIPP vers le Nakhtchivan modifiera fondamentalement le paysage, offrant par la suite une liaison directe avec la Türkiye », a-t-elle souligné.
En réponse à la question de la modératrice sur la possibilité pour le Couloir médian de dépasser la route du Nord en termes de volume de fret d’ici quinze ans, Wang Huiyao a déclaré : « Il me semble que toutes les parties en bénéficieront sur le plan de la prospérité. Les pays d’Asie centrale se développent également très rapidement. La Chine, en tant que voisin, augmente aussi son PIB. Le commerce peut encore croître. Je pense que de nouveaux corridors donneront de l’élan à des activités supplémentaires. C’est pourquoi je considère que c’est précieux, efficace, et qu’un nouveau projet de couloir médian pourrait voir le jour. Je suis assez optimiste. Le commerce, les liens économiques et le tourisme – tous ces domaines seront jugés nécessaires. Nous pouvons même développer le tourisme grâce à ces nouvelles routes. Par exemple, lorsqu’on voyage vers la Chine, différentes options peuvent être utilisées, y compris des liaisons ferroviaires. Cela créera davantage d’opportunités et, comme l’a dit le président, nous avons besoin de stabilité et d’une paix durable. Dans ce cas, davantage de contacts économiques seront établis. Chacune de ces routes, ou d’autres, sera bénéfique. L’essentiel est d’acquérir de l’expérience sur le plan économique. »
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Par la suite, les participants au panel ont répondu aux questions.
Question : Merci pour cette discussion enrichissante. Je suis député de la Türkiye et également membre du programme Munich Young Leaders. Ma question porte sur le fait que l’avenir de ce Couloir médian dépend largement de l’intérêt des États-Unis, et nous avons pu constater au cours de l’année écoulée que cet intérêt peut évoluer de manière très marquée selon l’administration en place. Premièrement, que pensez-vous qu’il adviendrait si l’intérêt des États-Unis pour ce corridor venait à changer ? Deuxièmement, comment estimez-vous que la position des États-Unis vis-à-vis de l’Iran influencera l’avenir de ce corridor ? Je vous remercie.
Le président Ilham Aliyev : Je pense que le simple fait que le projet TRIPP porte le nom du président Donald Trump signifie que ce corridor sera important pour cette administration, et peut-être au-delà de son mandat. Sinon, le président n’aurait pas accepté de donner son nom. Le fait de l’avoir fait implique que le projet sera réalisé, et après cette approbation, nous sommes absolument convaincus que les États-Unis en feront partie.
Selon les informations dont nous disposons, les États-Unis et l’Arménie discutent actuellement des paramètres de fonctionnement de l’entreprise qui sera chargée de la construction physique et des investissements. Ces informations sont déjà disponibles dans les sources ouvertes. Nous savons que 76 % de cette société appartiendront aux États-Unis, 24 % à l’Arménie, pour les 49 premières années, puis une nouvelle période de 49 ans suivra. En d’autres termes, ce format sera opérationnel pendant un siècle.
Deuxièmement, comme vous l’avez justement souligné, les différentes administrations américaines ont adopté des approches variées à l’égard des projets de connectivité dans notre région, et ce n’est qu’avec l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump que nous avons constaté un véritable intérêt. Autrement dit, tout ce qui a été réalisé par les pays de la région — l’Azerbaïdjan, la Géorgie — et par nos voisins de l’autre côté de la mer Caspienne, en Asie centrale, l’a été sans réelle implication pratique des États-Unis. Nous l’avons donc fait avec la Türkiye et par nos propres moyens. On peut citer le pipeline pétrolier traversant l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Türkiye, le gazoduc jusqu’en Europe, ainsi que le chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars : tout cela a été réalisé sans participation pratique des États-Unis. Nous l’avons fait nous-mêmes. Aujourd’hui, avec une administration américaine concentrée sur ce projet, le potentiel de mise en œuvre de ces projets à grande échelle est naturellement beaucoup plus important.
Je tiens également à souligner un point : nous avons parlé des pays de la région, mais il ne faut pas oublier nos voisins d’Asie centrale, de l’autre côté de la mer Caspienne. Sans eux, aucun fret ne pourrait être acheminé de la Chine vers l’Europe. La géographie est donc la suivante : Chine, Asie centrale, Caspienne, Azerbaïdjan, Géorgie, Arménie, Türkiye, Europe. L’Azerbaïdjan est désormais très actif dans ses échanges avec les pays d’Asie centrale. En novembre dernier, l’Azerbaïdjan a été officiellement intégré au C5, transformant le Conseil consultatif des Cinq pays d’Asie centrale en C6. Il s’agit d’un développement inédit, car nous sommes un pays du Caucase du Sud, mais membre du Conseil consultatif d’Asie centrale.
Beaucoup de choses sont faites en matière de connectivité, et de nombreux efforts sont menés entre les pays d’Asie centrale et la Chine. Outre les routes existantes, que Madame Helga a soulignées, un nouvel axe est en cours de construction et financé par la Chine — une autre route vers la Caspienne — en complément de l’itinéraire déjà existant reliant la Chine au Kazakhstan puis à la Caspienne. La Chine finance désormais la route Chine–Kirghizistan–Ouzbékistan–Turkménistan–Caspienne. Et, de nouveau, elle débouche sur la Caspienne. Cela signifie qu’elle arrivera en Azerbaïdjan puis, par le Caucase du Sud, jusqu’en Europe. Il s’agit donc d’un sujet mêlant géopolitique, relations internationales et diplomatie, et l’Azerbaïdjan est un pays qui a su initier et piloter ces projets transnationaux, comme le pipeline pétrolier de Bakou à la Méditerranée ou le gazoduc de Bakou à l’Italie, traversant de nombreux pays avec lesquels les relations sont bonnes. Cela constitue une garantie politique très solide pour la coopération à l’échelle de l’immense territoire eurasien.
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Marta Kos a souligné que l’attraction des entreprises, le rôle actif des acteurs politiques, le renforcement de la confiance entre partenaires, l’ouverture de nouvelles routes en direction de l’Iran, ainsi que les préparatifs de la Türkiye pour des projets ferroviaires, contribuent à élargir les opportunités dans leur ensemble. Elle a ajouté : « Les siècles passent, et pourtant nous devons réfléchir dès maintenant à ces changements. Peut-être que cela semblait incroyable par le passé, mais des chemins s’ouvrent pour l’avenir, et les dirigeants régionaux comprennent comment nous pouvons en tirer profit — comment l’Europe peut en bénéficier — et, bien sûr, cela profite également à l’Azerbaïdjan. C’est ainsi que cela doit se passer. C’est bénéfique pour l’Europe car cela offre un meilleur accès à la Chine, un accès qui sera assuré via l’Asie centrale. Résoudre tous ces conflits et défis géopolitiques n’est pas une tâche facile. »
Wang Huiyao a déclaré : « Concernant la route mentionnée par le président, je crois que la Chine apporte actuellement son soutien aux pays d’Asie centrale et que des plans sont élaborés pour accéder à la Türkiye via le Caucase. Il ne s’agit pas seulement de cet itinéraire précis, mais également d’une coopération envisagée dans le secteur de l’énergie. Naturellement, cela permettra un développement supplémentaire de la production et l’attraction d’investissements. En bref, c’est un bon exemple. Nous estimons qu’une infrastructure durable pour cela existe déjà. »
Question : Merci beaucoup. Je m’appelle Stepan Safaryan. Je suis membre du groupe Young Leader vienant de l’Arménie. Monsieur le Président, avant de poser ma question, permettez-moi une observation : la disposition de la Déclaration d’indépendance de l’Arménie que vous évoquiez et pour laquelle vous exprimiez certaines inquiétudes n’est pas en vigueur. Votre administration — et pas seulement la vôtre, mais également d’autres gouvernements — connaît bien la décision de la Cour constitutionnelle à ce sujet, et les amendements constitutionnels actuels en Arménie n’ont rien à voir avec ces revendications ou ces craintes. Permettez-moi de rappeler une autre initiative très importante, signée non seulement le 8 août dernier à Washington, mais également auparavant, sous l’administration de Joe Biden. Il s’agit de l’initiative « Crossroads of Peace », et la commissaire a raison : TRIPP concerne 42 kilomètres. Mais cette initiative, « Crossroads of Peace », est particulièrement intéressante car elle coordonne toutes les initiatives de connectivité — qu’il s’agisse de la Route de la soie, de la Ceinture et la Route, du corridor transcaspien ou du corridor Golfe–Mer Noire. Elle est donc très inclusive, intégrant la Géorgie et d’autres pays de la région. Quel est votre regard sur ce point essentiel ? Quelle contribution apporte-t-il à cette dynamique, surtout lorsqu’il est stipulé qu’il bénéficie du soutien des deux administrations à Washington sur le long terme, non pas seulement pour un mandat de quatre ans, mais pour 400 ans — voire davantage ? Je vous remercie.
Le président Ilham Aliyev : En ce qui concerne la question juridique relative à la Constitution de l’Arménie, je ne souhaitais pas entrer dans les détails, mais votre commentaire m’amène à préciser que la Déclaration d’indépendance de l’Arménie, qui contient la revendication territoriale directe envers l’Azerbaïdjan, fait partie de votre Constitution, et la Constitution — oui, elle existe. Elle figure dans le préambule. On peut même vérifier sur Wikipedia avant de conclure. Aucune décision de la Cour constitutionnelle n’est supérieure à la Constitution. Je ne suis pas juriste, mais je le sais.
Ainsi, la suppression de la Déclaration d’indépendance de la Constitution arménienne constitue le seul préalable restant à la signature d’un accord de paix. Je pense qu’il existe une grande compréhension entre les dirigeants arméniens et azerbaïdjanais sur ce qui doit être fait et dans quel ordre.
Quant à la soi-disant initiative « Crossroads of Peace », vous savez que, lorsque le président Donald Trump est revenu, il a lancé TRIPP. Donc, lorsque le président Joe Biden reviendra, il relancera votre initiative « Crossroads of Peace ».
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En réponse à une question du représentant de la Mongolie sur les mesures concrètes à prendre pour simplifier les procédures douanières le long des routes traversant 14 à 16 pays, accroître l’efficacité du transit et le rôle actif que pourraient jouer la Banque mondiale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Marta Kos a déclaré : « Je crois que tous les ministres doivent prendre des mesures dans ce sens, que les gouvernements doivent travailler, et que tous les pays — y compris les 27 États de l’Union européenne, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Türkiye et les États d’Asie centrale — doivent réfléchir à ce qu’il convient de faire pour lever ces obstacles. Comment travailler de manière à ce que ces efforts soient menés de façon coordonnée au niveau international ? Si une telle plateforme existe, nous pourrons créer une interaction mutuelle non seulement entre responsables gouvernementaux, mais également entre structures économiques et institutions. Si nous réussissons, les démarches se dérouleront beaucoup plus facilement et ces barrières pourront être supprimées de manière confortable. »
Question : Les attaques russes ont touché non seulement les infrastructures énergétiques de l’Ukraine, mais aussi des installations énergétiques appartenant à des entreprises azerbaïdjanaises en Ukraine. Ma question est donc la suivante : vous êtes-vous adressé personnellement au président Vladimir Poutine à ce sujet, et comment interprétons-nous ces attaques ? S’agit-il d’un message adressé à Bakou, ou que se passe-t-il dans vos relations avec la Russie ?
Le président Ilham Aliyev : Cette question a été soulevée à de nombreuses reprises lors de multiples contacts entre nos responsables, tant au niveau des ministères des Affaires étrangères qu’au niveau des administrations présidentielles. Il ne s’agit pas seulement d’attaques contre les infrastructures énergétiques de l’Azerbaïdjan en Ukraine, mais aussi de trois attaques visant l’ambassade d’Azerbaïdjan en Ukraine.
Après la première attaque, nous pouvions supposer qu’il s’agissait d’un incident, et nous avons communiqué à nos collègues russes toutes les coordonnées des représentations diplomatiques azerbaïdjanaises, y compris le service consulaire, nos centres culturels et l’ambassade. Malgré cela, deux autres attaques ont eu lieu. Il s’agissait donc d’une attaque délibérée contre la représentation diplomatique d’Azerbaïdjan. Nous avons publié des déclarations officielles, l’ambassadeur a été convoqué et une note diplomatique lui a été remise. Nous n’agissons que par voie diplomatique. Nous ne pouvons rien faire d’autre. Mais, bien sûr, il s’agit d’un acte considéré comme inamical envers l’Azerbaïdjan. Je comprends votre question et souhaite vous informer que toutes les mesures diplomatiques nécessaires ont été prises par le gouvernement azerbaïdjanais.
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La modératrice : Nous arrivons ainsi à la conclusion de cette discussion. Je pense que nous avons eu un panel très intéressant, avec de nombreux messages forts et pertinents. Je vous invite maintenant, une fois encore, à applaudir chaleureusement nos participants.