Berlin refuse que Paris use de fonds européens pour soutenir ses banques
Bakou, 7 octobre (AZERTAC). Le gouvernement français entend utiliser au maximum les mécanismes de secours européens pour aider les banques du pays, contre l'avis de Berlin, rapporte vendredi le Handelsblatt. Selon une source diplomatique à Bruxelles interrogée par le quotidien économique, les deux pays ne parviennent pas à se mettre d'accord sur les directives d'application du "nouveau FESF", le mécanisme de secours européen dont le renforcement a été décidé en juillet.
Pour entrer en vigueur, ce renforcement doit encore être ratifié par la Slovaquie, qui traîne des pieds, et surtout traduit en directives d'application. Selon le Handelsblatt, Paris plaide pour une interprétation la plus large possible des nouveaux instruments européens : le rachat d'obligations de pays surendettés, destiné à calmer les marchés, et l'octroi de fonds aux Etats pour recapitaliser les banques.
Le gouvernement allemand, dont la marge de manœuvre est plus étroite en raison du grand pouvoir du Parlement, récemment renforcé par un arrêt de la Cour constitutionnelle, s'oppose farouchement à ce "laisser-faire", selon le Handelsblatt. Jeudi encore, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait affirmé qu'il ne "fallait pas hésiter" à recapitaliser les banques européennes, pour les renforcer face à la crise de la dette. Mais elle a souligné que l'utilisation des fonds européens n'était justifiée que "si la stabilité de la zone euro était menacée". Un rappel à l'ordre destiné à la France, jugée assez solide pour que les banques puissent encore s'y refinancer de manière privée, selon le Handelsblatt.
Le président sortant de la BCE, Jean-Claude Trichet, avait rappelé jeudi que les banques, avant de recourir à l'aide publique, avaient d'autres moyens de se renflouer : en utilisant leurs propres bénéfices, en pratiquant la modération salariale et en s'adressant au marché des capitaux privés, par exemple en vendant des nouvelles actions en Bourse. Le président français Nicolas Sarkozy et Mme Merkel se rencontrent dimanche à Berlin.