La chargée de projet à la Fédération internationale des piétons : « Lors du WUF13, nous lancerons un nouveau programme « Ambassadeurs de la marche »
Bakou, 12 mai, AZERTAC
L’intérêt mondial pour la 13ᵉ session du Forum urbain mondial (WUF13), qui se tiendra à Bakou, ne cesse de croître. Les organisations internationales et les experts y voient une plateforme clé pour débattre de l’urbanisme, des transports durables, du logement social et du développement urbain centré sur l’humain. La Fédération internationale des piétons participera également à l’événement.
Dans une interview accordée à l’AZERTAC, Olena Kuzhym, chargée de projet au sein de l’organisation, a salué les efforts de l’Azerbaïdjan en matière de développement urbain et de mobilité, tout en partageant ses attentes pour le forum.
L’AZERTAC présente l’interview :
- En tant qu’invitée au WUF13 à Bakou, que cela représente-t-il pour vous ?
- Cela représente beaucoup pour nous. L’an dernier, nous avions déjà été invités au Forum urbain national en Azerbaïdjan, et nous avons pu constater à quel point le pays s’efforce de repenser le développement urbain et la mobilité. Nous savons que l’Azerbaïdjan a élaboré un plan d’action national pour un transport durable. Le pays évolue réellement d’un modèle centré sur la voiture vers une mobilité centrée sur l’humain.
Des rues sont piétonnisées dans le centre-ville de Bakou, la ville développe son réseau cyclable et améliore son transport public. Nous constatons donc un travail considérable pour repenser le développement urbain, ce qui rend notre participation au WUF13 particulièrement encourageante.
- Dans ce contexte, comment évaluez-vous l’Azerbaïdjan en tant que pays hôte du WUF13 ?
- Je pense qu’il est très important que cet événement se tienne en Azerbaïdjan, car le pays joue un rôle de plus en plus moteur dans le développement des transports dans la région. Il peut constituer un exemple pour d’autres pays qui n’ont pas engagé ces transformations il y a plusieurs décennies, mais seulement au cours des dernières années. C’est aussi un message fort : il n’est jamais trop tard pour progresser de manière significative et rien n’est figé. Même si l’Azerbaïdjan était auparavant davantage centré sur l’automobile dans son développement urbain, on voit aujourd’hui que les choses peuvent évoluer et être transformées en profondeur.
Par ailleurs, lors de ce WUF, en coopération avec les Nations unies, nous lancerons un nouveau programme « Ambassadeurs de la marche », visant à impliquer non seulement les organisations de piétons, mais aussi des militants individuels afin d’améliorer l’accessibilité piétonne dans leurs villes. Nous espérons que l’Azerbaïdjan et Bakou serviront de projets pilotes. Nous avons donc de très grandes attentes.
- Comme vous le savez, l’Azerbaïdjan mène d’importants travaux dans ses territoires libérés, avec la création de « villes intelligentes », de « villages intelligents » et de zones vertes. Que pensez-vous de ces initiatives ?
- Je pense qu’il est très important que l’Azerbaïdjan apporte de nouvelles opportunités à ces territoires et qu’il ne concentre pas toutes ses ressources uniquement sur la capitale, mais qu’il s’attache aussi à soutenir les régions qui ont le plus besoin de reconstruction et de développement. C’est une démarche très positive. C’est d’ailleurs un sujet dont nous discutons également au sein du Forum international des transports : la nécessité d’accorder une attention particulière aux petites villes, aux zones rurales, et en particulier aux régions touchées par l’instabilité mondiale, car ce sont elles qui ont le plus besoin de soutien.
- Quelles contributions attendez-vous du WUF13 en faveur de villes plus agréables à vivre ?
- J’espère surtout que tout ce que nous discuterons au WUF sur le logement social et le logement centré sur les habitants — ce qui est impossible sans une mobilité centrée sur les personnes — pourra également commencer à être mis en œuvre. J’espère que nous parviendrons à un niveau de discussions plus concret, autour de plans précis et d’outils opérationnels que nous pourrons utiliser pour rendre nos villes plus vivables. Le temps presse, et il est vraiment nécessaire de passer à l’action.