Plastiques recyclés : la FAO réclame des normes sur les emballages alimentaires
Bakou, 13 mai, AZERTAC
Le plastique recyclé dans les emballages alimentaires séduit pour réduire les déchets, mais menace notre assiette. Alors que snacks, plats préparés, confiserie et boissons en bouteille inondent nos rayons, la FAO appelle à des normes mondiales strictes pour protéger la santé, prolonger la conservation des aliments et limiter l’impact environnemental.
L’usage des plastiques recyclés et autres matériaux en contact avec les aliments connaît une croissance rapide, portée par les habitudes de consommation modernes et la demande pour des emballages plus durables.
Selon un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cette tendance soulève des questions cruciales de sécurité chimique, qui exigent des normes mondiales harmonisées.
Les emballages prolongent la conservation et réduisent le gaspillage alimentaire, mais leur production et leur usage généralisés contribuent à une « épidémie mondiale de déchets plastiques », ce qui incite à un passage progressif aux plastiques recyclés.
« La sécurité alimentaire doit être au cœur des préoccupations dans la transition vers des systèmes agroalimentaires et des modes de consommation alimentaire plus durables », a déclaré dans un communiqué, Corinna Hawkes, Directrice de la Division des systèmes agroalimentaires et de la sécurité alimentaire à la FAO.
La publication de ce document intervient dans un contexte de croissance constante du marché mondial de l’emballage alimentaire. Celui-ci est estimé à 505,27 milliards de dollars en 2024 et devrait atteindre 815,51 milliards de dollars d’ici 2030.
Avec 37 % de parts de marchés, les plastiques dominent le marché des matériaux d’emballage alimentaire, avec un taux de croissance annuel de 6,26 %. La région Asie-Pacifique arrive en tête au niveau mondial avec une part de marché de 32,97 % en 2024.
Cette domination des plastiques suscite toutefois des interrogations sur leur impact, non seulement sur l’environnement, mais aussi sur la sécurité des aliments. Le rapport soutient que les objectifs environnementaux doivent être poursuivis parallèlement aux préoccupations sanitaires liées à la contamination chimique potentielle et à la migration de substances issues des matériaux en contact avec les aliments vers ces derniers.
Alors que moins de 10 % des déchets plastiques générés à l’échelle mondiale ont été recyclés à ce jour, cette part devrait augmenter pour des raisons de durabilité, ce qui soulève d’importantes questions relatives à la sécurité chimique des aliments.
« Nous voulons recycler davantage de plastique, mais nous voulons également nous assurer qu’en résolvant un problème, nous n’en créons pas de nouveaux », a ajouté Mme Hawkes.
Cette volonté de recycler tout en garantissant la sécurité alimentaire soulève cependant des questions sur les risques associés aux nouvelles sources de matériaux.
L’introduction de certains emballages alimentaires biosourcés fabriqués à partir de maïs, de canne à sucre ou de manioc pourraient introduire de nouveaux risques pour la santé, notamment des pesticides, des toxines naturelles ou des allergènes.
L’usage de nouvelles substances, comme les nanomatériaux pour améliorer les performances ou activer les emballages, soulève des inquiétudes. Le document recommande un recyclage rigoureux des plastiques en contact avec les aliments, incluant nettoyage chimique et tri selon les codes de résine.
Face aux préoccupations sur les micro et nanoplastiques, des méthodes d’analyse validées sont indispensables, leur absence empêchant pour l’instant une évaluation claire des risques pour la santé.
Le rapport souligne aussi que l’absence d’harmonisation réglementaire pourrait compliquer le commerce mondial, renforçant la nécessité d’une approche coordonnée pour protéger consommateurs et environnement. (ONU)