Travail des enfants : l’ONU brandit le carton rouge
Bakou, 11 juin, AZERTAC
À l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée le 12 juin, le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), Gilbert F. Houngbo, a appelé à une mobilisation urgente pour mettre fin à un fléau qui touche encore des dizaines de millions d’enfants dans le monde, indique l’ONU info.
« Aujourd’hui, près de 138 millions d’enfants sont encore astreints au travail des enfants, dont 54 millions effectuent des travaux dangereux », a-t-il rappelé dans un message vidéo diffusé à l’occasion de cette journée. « Cette situation est inacceptable : nous devons accélérer l’action », a-t-il insisté.
Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, des millions d’enfants continuent d’être privés de leur droit à l’éducation, aux loisirs et à une enfance en sécurité. Les travaux dangereux auxquels nombre d’entre eux sont exposés menacent leur santé, leur développement et leur avenir.
Cette année, la campagne mondiale est placée sous le thème : « Carton rouge au travail des enfants : une enfance protégée, un travail décent pour les adultes ». Un slogan qui, selon le chef de l’OIT, rappelle que chaque enfant a le droit « d’apprendre, de jouer et de grandir dans un environnement sûr et protecteur ».
L’appel de l’OIT intervient quelques mois après la sixième Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, tenue à Marrakech, au Maroc. Cette rencontre a débouché sur l’adoption du Cadre d’action global de Marrakech contre le travail des enfants, présenté comme une feuille de route destinée à accélérer les progrès.
Selon M. Houngbo, ce cadre repose sur plusieurs piliers essentiels : le travail décent pour les parents, une éducation universelle de qualité, des systèmes de protection sociale renforcés ainsi que des lois et des institutions plus efficaces.
Le responsable onusien a souligné que, pour la première fois, ce cadre comprend des indicateurs clairs permettant de mesurer les progrès accomplis et un mécanisme de responsabilisation destiné à suivre sa mise en œuvre.
Pour l’OIT, la Journée mondiale de 2026 marque un moment charnière. Au-delà des déclarations d’intention, l’enjeu est désormais de traduire les engagements pris à Marrakech en changements concrets pour les enfants, les familles et les communautés.
L’organisation appelle ainsi les gouvernements, les employeurs, les travailleurs, les entreprises et la société civile à unir leurs efforts pour s’attaquer aux causes profondes du travail des enfants, notamment la pauvreté, l’exclusion sociale et le manque d’accès à l’éducation.
« Ensemble, agissons avec urgence et détermination pour mettre fin au travail des enfants », a conclu Gilbert F. Houngbo.