Un urbaniste français : Bakou combine des transformations infrastructurelles à grande échelle, des innovations urbaines et un engagement en faveur du développement durable
Bakou, 12 mai, AZERTAC
Aujourd’hui, Bakou moderne combine des transformations infrastructurelles à grande échelle, des innovations urbaines et un engagement en faveur du développement durable, renforçant progressivement sa position en tant que centre urbain régional en pleine dynamique. Dans ce contexte, la capitale de l’Azerbaïdjan devient une plateforme importante de dialogue professionnel international sur l’avenir des villes, la reconstruction des territoires et l’élaboration de nouveaux standards urbains.
Dans ce contexte, les questions liées à la reconstruction des régions en période post-conflit, au développement de communautés « intelligentes » et durables, ainsi qu’au rôle de l’architecture et de l’urbanisme dans la transformation environnementale et sociale revêtent une importance particulière. Bakou est de plus en plus perçue comme un exemple de ville qui aspire non seulement à un renouveau physique, mais aussi au renforcement de son rôle international à travers sa participation aux forums mondiaux et l’échange d’expériences dans le domaine de l’urbanisme.
Alain Bertho, urbaniste, économiste et chercheur français spécialisé dans le développement urbain, reconnu pour ses travaux sur la fonctionnalité des villes, répond aux questions de l'AZERTAC. Il a travaillé pendant près de vingt ans comme spécialiste principal en urbanisme à la Banque mondiale et collabore actuellement avec l'Université de New York (NYU) et des centres de recherche aux États-Unis.
- Dans les prochains jours, l'Azerbaïdjan accueillera un important événement international, le Forum urbain mondial 13 (WUF13). Selon vous, que pourrait représenter l’organisation de ce forum à Bakou pour l’image internationale du pays, les échanges professionnels et l’avenir du développement urbain ?
- Je pense qu’il est toujours bénéfique de rencontrer des personnes venant de différents pays et d’échanger des idées. Cela peut être une source d’inspiration. En même temps, il ne faut pas oublier que ce type de forums rassemble des participants aux points de vue très variés, et il faut être capable de distinguer les idées réellement pertinentes. Il y aura inévitablement des défenseurs de certaines approches et d’autres positions opposées. Mais, de manière générale, l’organisation d’un tel forum est sans aucun doute très utile pour le développement futur d’une ville.
– Quant à l’avenir des villes du Caucase du Sud, quel rôle pensez-vous que l’Azerbaïdjan puisse jouer dans l’élaboration de nouvelles normes régionales en matière d’urbanisation durable ?
-L’Azerbaïdjan est un pays riche en ressources, ce qui lui permet d’influencer les processus de développement. Son rôle va certainement s’accroître.
- L’Azerbaïdjan accorde une grande importance au développement durable et à la transition verte. Dans quelle mesure le secteur de l’architecture est-il aujourd’hui réellement en mesure d’influencer les agendas environnementaux nationaux ?
-Dans mon livre, j'explique que les villes sont avant tout des marchés du travail. Cela signifie que les habitants doivent pouvoir se déplacer rapidement et efficacement d'un quartier à l'autre. Cette efficacité, dans une perspective de développement durable, passe notamment par la réduction des émissions de carbone. Par conséquent, garantir des transports publics performants est essentiel au développement urbain. Le recours à des véhicules électriques, petits ou grands, dépend de la configuration et de la taille de la ville. De manière générale, les transports constituent un élément clé.
-Ces dernières années, l'Azerbaïdjan se positionne activement comme une plateforme pour les événements mondiaux et les initiatives de développement urbain. De ce point de vue, comment évaluez-vous le rôle de l'architecture et de l'urbanisme dans la construction de l'image internationale du pays ?
- Je n'ai passé qu'une journée à Bakou, mon expérience est donc limitée. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est l'utilisation de la pierre. C'est un matériau de construction magnifique et vous avez des maçons très qualifiés.
Je pense qu'il est important de développer davantage cette tradition architecturale locale. Cela donnera à Bakou un charme particulier à l'avenir. L'urbanisme est également primordial. Par exemple, la façon dont les stations de métro sont reliées aux places et aux rues est essentielle. Il en va de même pour l'aménagement des rues pour les piétons, le commerce et la vie urbaine.
Vous avez un style architectural qui vous est propre. C'est un style purement azerbaïdjanais. Comme je l'ai déjà mentionné, il est important de le développer plutôt que d'essayer de s'adapter à un style international universel. Il est très important de développer une identité architecturale propre.