France : en moyenne un TGV sur trois et un train Intercités sur deux annulés par une grève à la SNCF
Bakou, 10 juin, AZERTAC
Le trafic ferroviaire est fortement perturbé mercredi en France en raison d’un mouvement de grève de 24 heures lancé par les principaux syndicats de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), qui dénoncent les effets de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire et réclament des revalorisations salariales.
Selon SNCF Voyageurs, le trafic des trains régionaux (TER) est particulièrement affecté, tandis qu’en moyenne un train à grande vitesse (TGV) sur trois et un train Intercités sur deux sont annulés. En région parisienne, le réseau est également perturbé, à l’exception du RER A, relativement épargné par le mouvement.
Les syndicats CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots demandent notamment un moratoire sur l’ouverture à la concurrence du rail ainsi qu’une augmentation des salaires pour compenser les effets de l’inflation.
Au cœur des revendications figure la réorganisation engagée par la SNCF dans le cadre de la libéralisation progressive du secteur. Les syndicats dénoncent la création de filiales dédiées à l’exploitation de certaines lignes régionales et craignent une dégradation des conditions de travail des salariés transférés vers ces nouvelles structures.
Selon la direction de SNCF Voyageurs, environ 27 000 salariés sont concernés par ce processus de transformation lié à l’ouverture à la concurrence. Neuf des onze régions métropolitaines ont déjà lancé ou prévoient de lancer des appels d’offres pour l’exploitation de leurs réseaux TER.
La loi prévoit que l’ensemble des lignes régionales de voyageurs soient progressivement ouvertes à la concurrence d’ici fin 2033. Les autorités régionales défendent cette évolution comme un moyen d’améliorer l’offre de transport et la qualité de service, tandis que les organisations syndicales estiment que les gains de productivité se font principalement au détriment des salariés.
La concurrence s’est également développée sur certaines lignes à grande vitesse, où plusieurs opérateurs peuvent désormais proposer leurs services sur les mêmes axes ferroviaires.
Les syndicats alertent par ailleurs sur les conséquences humaines des restructurations en cours et dénoncent un climat social dégradé au sein de l’entreprise publique. (Agence Anadolu)