La France présente les mesures contre les ingérences étrangères avant la présidentielle de 2027
Bakou, 12 juin, AZERTAC
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a présenté jeudi aux responsables politiques et à la presse les risques liés aux ingérences étrangères dans les processus électoraux ainsi que les mesures envisagées pour renforcer la protection du débat démocratique à l'approche de l'élection présidentielle de 2027, selon plusieurs médias français.
L'initiative vise à faire la lumière sur les opérations d'ingérence recensées lors de précédents scrutins et à identifier les menaces susceptibles de peser sur les prochaines échéances électorales, notamment la présidentielle et d'éventuelles élections législatives.
Selon les médias français, Lecornu était accompagné lors de cette réunion du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, de la ministre des Armées Catherine Vautrin, du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, ainsi que de responsables des services de renseignement, du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et de Viginum, l'organisme chargé de la lutte contre les manipulations de l'information en ligne.
Le Premier ministre est également attendu sur les dispositions d'un projet de loi annoncé en avril par le président Emmanuel Macron afin de renforcer les outils de lutte contre les ingérences étrangères. Le texte aurait été transmis au Conseil d'État pour avis, selon les mêmes sources.
Les préoccupations des autorités françaises portent notamment sur les campagnes de désinformation diffusées sur les réseaux sociaux, les opérations de cyberinfluence et les tentatives de manipulation du débat public attribuées à des acteurs étrangers.
Selon les médias français, un rapport de Viginum sur les ingérences observées lors des élections municipales devrait être rendu public prochainement. Un autre document détaillerait les opérations de manipulation ayant visé le parti La France insoumise (LFI).
Fin mai, LFI avait alerté sur ce qu'il qualifie de « péril » des ingérences étrangères, évoquant notamment la diffusion de fausses accusations et de faux contenus de campagne visant certains de ses responsables. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.
À l'issue de la réunion, le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a déclaré que le Premier ministre avait assuré avoir demandé des explications aux autorités israéliennes concernant les opérations présumées évoquées dans cette affaire.
Le mouvement a également proposé la création d'une instance chargée de surveiller les ingérences durant la campagne présidentielle et demandé l'interdiction des messages politiques fondés sur le profilage de données personnelles.
Le gouvernement français distingue toutefois les ingérences des prises de position publiques. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a récemment affirmé qu'« exprimer un avis » ne constituait pas une ingérence, celle-ci consistant selon lui à « manipuler le débat public ou les processus électoraux ».
Selon les données de Viginum relayées par les médias français, 25 tentatives d'ingérences numériques étrangères ont été détectées en France en 2024, année marquée par les élections européennes et législatives. Les autorités estiment toutefois que leur impact sur le débat public est resté limité. (Agence Anadolu)