Le changement climatique compromet la quasi-totalité des objectifs de développement durable
Bakou, 15 septembre, AZERTAC
 mi-parcours du Programme de développement durable à l’horizon 2030, les données scientifiques sont sans équivoque : la planète est loin d’atteindre les objectifs climatiques fixés. Selon un nouveau rapport élaboré par plusieurs institutions sous la coordination de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), cette situation compromet les efforts déployés à l’échelle mondiale pour lutter contre la faim, la pauvreté et les problèmes de santé, améliorer l’accès à l’eau potable et à l’énergie, ainsi que de nombreux autres aspects du développement durable, indique le site officiel de l’OMM.
Seuls 15 % des objectifs de développement durable (ODD) sont sur la bonne voie - telle est la conclusion du rapport United in Science qui analyse les incidences du changement climatique et des phénomènes météorologiques extrêmes sur les ODD. Celui-ci explique, par ailleurs, comment les sciences météorologique, climatologique et hydrologique peuvent contribuer à la réalisation d’objectifs tels que la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau, l’énergie propre, l’amélioration de la santé, la viabilité des océans et la résilience des villes.
La présente édition de ce rapport annuel réunit les travaux de 18 organisations. Elle est publiée en amont du Sommet sur les objectifs de développement durable et du Sommet sur l’ambition climatique qui se tiendront à l’Assemblée générale des Nations Unies.
«2023 a amplement démontré que le changement climatique était une réalité. Des températures record brûlent les terres et réchauffent les mers, tandis que des phénomènes météorologiques extrêmes font des ravages dans le monde entier. Nous savons que ce n’est qu’un début, mais la réponse mondiale est loin d’être à la hauteur. Â mi-parcours de l’horizon 2030 des objectifs de développement durable, le monde accuse un terrible retard», déclare le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres.
«La science est au cœur des solutions. Il est largement admis que les sciences liées au temps, au climat et à l’eau constituent les fondements de l’action en faveur du climat. Mais la façon dont ces sciences peuvent stimuler les progrès des ODD dans tous les domaines est moins connue», note M. Guterres dans l’avant-propos.
«En ce moment charnière de l’histoire, à mi-parcours de la réalisation des ODD, la communauté scientifique est unie dans ses efforts pour assurer la prospérité des populations et de la planète», a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, M. Petteri Taalas.
«Des avancées scientifiques et technologiques révolutionnaires, telles que la modélisation climatique à haute résolution, l’intelligence artificielle et la prévision immédiate, peuvent catalyser la transformation en vue de la réalisation des ODD. La mise en place d’alertes précoces pour tous d’ici à 2027 permettra non seulement de sauver des vies et des moyens de subsistance, mais aussi de préserver le développement durable», a-t-il ajouté.
Le rapport indique notamment comment les prévisions météorologiques contribuent à stimuler la production alimentaire et à se rapprocher de l’objectif Faim «zéro». L’intégration de l’épidémiologie et des informations sur le climat permet de comprendre et d’anticiper les maladies influencées par le climat. Les systèmes d’alerte précoce contribuent à réduire la pauvreté en donnant à la population la possibilité de se préparer et de limiter les impacts.
Une approche et des solutions scientifiques sont plus urgentes que jamais.
Entre 1970 et 2021, près de 12 000 catastrophes dues à des phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes ont été recensées, totalisant plus de 2 millions de victimes et 4 300 milliards de dollars É.-U. de dommages économiques. Or, plus de 90 % des décès et 60 % des pertes matérielles ont eu lieu dans des économies en développement, ce qui met en péril le développement durable.
La hausse mondiale des températures s’est accompagnée d’une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes. La probabilité que la température moyenne annuelle à la surface du globe dépasse temporairement de 1,5 °C les niveaux préindustriels pendant au moins une des cinq prochaines années est de 66 %, et elle augmente avec le temps.
Jusqu’à présent, les progrès ont été très limités pour réduire le hiatus entre réalité et engagements pour 2030 - à savoir l’écart entre les réductions d’émissions promises par les pays et les réductions nécessaires pour atteindre l’objectif de température de l’Accord de Paris. Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) dues aux combustibles fossiles ont augmenté de 1 % au niveau mondial en 2022 par rapport à 2021 et les estimations initiales pour la période janvier-juin 2023 font état d’une nouvelle hausse de 0,3 %.
Pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, à savoir contenir le réchauffement bien en deçà de 2 °C et de préférence à 1,5 °C, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent être réduites respectivement de 30 % et 45 % d’ici à 2030, et les émissions de CO2 doivent être proches de zéro d’ici à 2050. Cela va nécessiter des transformations à grande échelle, rapides et systémiques.
Certains changements climatiques futurs sont inévitables et potentiellement irréversibles, mais chaque fraction de degré et de tonne de CO2 compte pour limiter le réchauffement et atteindre les ODD, indique le rapport.
«La science continue de montrer que nous ne faisons pas assez pour réduire les émissions et atteindre les objectifs de l’Accord de Paris - alors que le monde se prépare pour le premier bilan mondial à la COP 28, nous devons accroître notre ambition et notre action, et nous devons tous vraiment nous mettre au travail pour transformer nos économies en une transition juste vers un avenir durable pour les populations et pour la planète», a déclaré Inger Andersen, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement.