« Bloquons tout » : un appel à paralyser la France le 10 septembre
Bakou, 29 juillet, AZERTAC
Un vent de contestation souffle sur les réseaux sociaux à l’approche de la rentrée. Un collectif citoyen baptisé "Bloquons tout" appelle à une mobilisation générale et illimitée à partir du 10 septembre 2025, en réaction au projet de budget présenté par François Bayrou.
Créé en dehors des cadres syndicaux et politiques traditionnels, le collectif revendique son indépendance et s’organise via des plateformes comme X (ex-Twitter), TikTok et Facebook. Ses messages, visuels et hashtags (#10septembre, #BloquonsTout) se répandent rapidement, traduisant une montée de la colère sociale.
Le mot d’ordre est simple : "Boycott, désobéissance, solidarité". Le collectif appelle à bloquer le pays, à occuper pacifiquement des lieux symboliques (mairies, préfectures), à boycotter les grandes entreprises jugées responsables d’un système injuste, et à retirer de l’argent des grandes banques.
La contestation s’est accélérée après l’annonce du budget 2026, marqué par une austérité assumée : 43,8 milliards d’euros d’économies, dont la suppression de deux jours fériés, des coupes dans le secteur de la santé, et le gel des retraites. Autant de mesures qui ravivent un fort sentiment d’injustice sociale.
Le mouvement rappelle, par sa forme et sa dynamique, celui des Gilets jaunes de 2018 : une mobilisation horizontale, spontanée, organisée en ligne. Mais contrairement aux Gilets jaunes, il ne s’appuie sur aucun symbole visuel unificateur ni revendication unique. Il mise plutôt sur la solidarité de terrain : caisses de grève, assemblées de quartiers, et actions collectives.
Malgré une volonté affichée de rester "apolitique", le mouvement a été repris par certaines figures de l’extrême droite, suscitant des réactions méfiantes. Certains visuels circulant en ligne, parfois générés par intelligence artificielle, évoquent une imagerie polémique. À gauche, la mobilisation est accueillie avec prudence, mais quelques personnalités militantes appellent à ne pas négliger cette dynamique populaire.
Pour l’instant, les grandes centrales syndicales restent en retrait, tout en reconnaissant la colère grandissante. Une pétition intersyndicale contre le budget a déjà recueilli plus de 200 000 signatures. De leur côté, les autorités se montrent vigilantes face à un mouvement encore diffus mais potentiellement explosif.
Le 10 septembre pourrait bien marquer un tournant dans le climat social de la rentrée. Reste à savoir si cette colère numérique se traduira par un véritable mouvement de masse dans la rue.