Polémique autour de Gérald Darmanin : une réception ministérielle jugée trop politique
Paris, 14 mai, AZERTAC
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin est au cœur d’une vive controverse après avoir convié plus de 1 000 parlementaires à une réception officielle le 12 mai place Vendôme. Présenté comme un moment d’échange sur les réformes judiciaires à venir, l’événement est largement perçu par l’opposition comme une manœuvre de communication en vue de l’élection présidentielle de 2027.
La réception, qui incluait un cocktail dînatoire, a été jugée disproportionnée par de nombreux élus. Patrick Kanner (PS) s’est étonné de cette initiative « jamais vue », y voyant une tentative de promotion personnelle aux frais de l’État. Des figures de gauche comme Manon Aubry (LFI) ou Marie-Pierre de la Gontrie (PS) ont refusé l’invitation, dénonçant un « mélange des genres » entre fonction ministérielle et ambition politique.
Même au sein de la majorité, des voix s’interrogent. Un député Horizons, proche d’Édouard Philippe, a qualifié l’événement de « curieux », alors que des tensions internes sur la future présidentielle se dessinent.
Selon Le Figaro, seuls une centaine de parlementaires ont répondu présent. Outre quelques macronistes et élus de droite, le Rassemblement national s’est particulièrement démarqué, avec une quinzaine de représentants. « Quand on nous invite, on vient », a commenté Matthieu Valet, eurodéputé RN.
Gérald Darmanin, de son côté, assume pleinement l’initiative, qu’il présente comme un « geste de respect envers le Parlement ». Il a profité de l’occasion pour défendre ses projets de réforme, comme l’élargissement du plaider-coupable et l’instauration de peines minimales. Son entourage parle de mesures « radicales » qui justifient un large échange.
Mais pour beaucoup, cette réception reste avant tout une opération d’image, dans un moment stratégique pour un ministre souvent cité parmi les prétendants à 2027.