Le printemps s’invite partout…
Le peuple azerbaïdjanais célèbre son ancienne fête nationale - Novrouz
Bakou, 20 mars, AZERTAC
Sous un manteau de neige immaculée, le perce-neige jaune se met à redresser la tête, tandis qu’au pied des buissons, la violette d’un bleu profond dresse timidement la tête. À mesure que le soleil rayonne, la terre se met à se réveiller. Les arbres se couvrent de bourgeons, et les steppes comme les plaines s’habillent peu à peu d’un manteau verdoyant. L’hirondelle, perchée sur une branche à peine éclose, entonne son chant.
L’Azerbaïdjan ayant pleinement rétabli sa souveraineté et son intégrité territoriale, sous la direction de M. Ilham Aliyev, Président de la République et Commandant suprême victorieux des armées, célèbre la fête de Novrouz dans un esprit de solennité et de joie. Les bûchers de Novrouz sont allumés partout dans le pays, y compris à Fuzouli, Djabraïl, Zenguilan, Goubadly, Choucha, Latchine, Kelbedjer, Aghdam, Khankendi, Khodjaly, Khodjavend et Aghdéré. Rassemblés autour des bûchers, les habitants nourrissent l’espoir que le printemps, qui fait son entrée sur leur terre natale, leur apportera de grands espoirs.
La nature s’éveille, la nature reprend vie. Chaque matin, à l’aube, le soleil se lève lentement à l'horizon, peignant le ciel de teintes chaudes. À mesure que l’air se réchauffe, le parfum du printemps se répand de toutes parts. Dans les montagnes, les rivières et les cascades gelées commencent à fondre et à murmurer, les bourgeons et les fleurs se mettent peu à peu à s’ouvrir. Les pluies printanières, semées par des nuages en mouvement, répandent une clarté bienfaisante sur l’ensemble du monde, tandis que le ciel tisse un tapis aux sept couleurs. L’arrivée du printemps se fait sentir partout. La jeune pousse d’orge, patiemment germé dans les assiettes et les soucoupes, est considéré comme le signe annonciateur de l’arrivée du printemps.
Cette année, le printemps fera son entrée en Azerbaïdjan le 20 mars à 18 h 45. À cet instant précis, le jour et la nuit s’équilibreront. Le soleil, poursuivant sa trajectoire le long de l’écliptique, franchira l’équateur, passant de l’hémisphère sud à l’hémisphère nord. Ainsi, le printemps débutera dans l’hémisphère nord, tandis que l’automne s’installera dans l’hémisphère sud.
L’AZERTAC rappelle à cette occasion l’histoire de la fête de Novrouz, ancien héritage national du peuple azerbaïdjanais, ainsi que la place qu’elle occupe dans la mémoire collective et les traditions qui entourent sa célébration.

La plus ancienne fête des peuples turciques
L’histoire de Novrouz remonte à des millénaires anciens. Occupant une place essentielle dans la vision du monde des anciens peuples turciques et orientaux, Novrouz s’est, au fil du temps, enrichi sous l’influence de diverses cultures. Sur la terre d’Azerbaïdjan, il est devenu une composante indissociable de l’identité nationale et spirituelle du peuple.
Novrouz est la plus ancienne et la plus chère fête du peuple azerbaïdjanais, célébration des valeurs spirituelles, des traditions et de l’esprit d’unité. Le mot « Novrouz », issu du persan, signifie « nouveau jour ». Depuis ses origines, il marque l’arrivée du printemps et l’équinoxe de printemps. Les hommes ont toujours perçu le renouvellement de la nature comme le reflet de leur propre renouveau, transformant le premier jour du printemps en symbole de nouveaux commencements. Chez les différents peuples, Novruz prend divers noms : Nooruz chez les Kirghizes, Növroz chez les Ouzbeks, Nevruz chez les Bachkirs, Navruz chez les Tatars, Naurus chez les Tchouvaches, Nevrez chez les Tatars de Crimée et Mevris chez les habitants de la Thrace occidentale.
L’origine de la fête de Novrouz et les légendes qui l’accompagnent sont très anciennes. Dans la recherche scientifique, deux principales hypothèses existent quant à sa genèse. Selon l’une d’elles, Novrouz serait la plus ancienne fête de la nature des peuples turciques. Les sources chinoises mentionnent que les Huns organisaient des festivités printanières le 21 mars. Les Ouïghours célébraient également des cérémonies de printemps dont les pratiques s’apparentent aux traditions modernes. Par ailleurs, dans les gravures rupestres de Goboustan, en Azerbaïdjan, on retrouve la représentation de rituels anciens liés au changement d’année. Dans l’épopée turque d’« Ergenekon », le retour à l’ancienne patrie est associé au premier jour du printemps.
La seconde hypothèse repose principalement sur un ensemble de cérémonies issues des légendes iraniennes. Les monuments écrits du XIᵉ siècle, notamment le « Shahnameh » de Ferdowsi, évoque le « Novrouz ». Chez les Perses, à partir de cette époque, la littérature des siècles suivants en fait largement mention.
Bien que la fête de Novrouz ait été célébrée dès 350 av. J.-C. sous les Achéménides, ses racines historiques remontent à l’époque pré-zoroastrienne. Tous les symboles de cette célébration — allumer un bûcher, faire germer des graines d’orge, les spectacles de Kossa et Ketchel (personnages de Novrouz), invoquer le soleil, frapper aux portes avec des herbes odorantes, tourner la page des querelles, se souvenir des défunts, colorer des œufs et jouer avec, préparer des khontchas (plateaux) avec sept sortes d’aliment, nettoyer la maison et la cour, faire bouillir le chaudron sur le foyer, suspendre des sacs par la cheminée, se rassembler autour du feu, ou encore écouter aux portes pour la divination — constituent un véritable rituel célébrant la rencontre entre la nature et l’homme.

Célébration de Novrouz
Dans la mémoire du peuple azerbaïdjanais, la fête de Novrouz n’est pas seulement un événement calendaire, mais un véritable mode de vie. Avec l’arrivée du printemps, chacun ressent dans son cœur espoir, joie et désir de nouveaux commencements. En ces jours, les habitants nettoient leurs maisons et arrangent leurs cours, comme pour laisser derrière eux toutes les douleurs et les malheurs de l’année écoulée.
L’arrivée de Novrouz se fait sentir plusieurs semaines à l’avance. Selon le calendrier populaire, les mardis de l’eau, du feu, du vent (de l’air) et de la terre précèdent la fête. Chacun de ces « mardis », célébré avec des coutumes et des rituels spécifiques, reflète la foi des anciens dans les éléments de la nature. Le mardi de l’eau symbolise le commencement de la vie, le mardi du feu représente la chaleur et la lumière, celui de l’air incarne le mouvement et la renaissance, tandis que celui de la terre illustre l’éveil de la nature.
L’une des traditions les plus fascinantes et variées de Novrouz est celle du saut par-dessus le feu. On allume des feux dans les cours et l’on saute par-dessus, pour que la malchance et les douleurs de l’année écoulée se consument et disparaissent peu à peu. Ce rituel ancien symbolise l’éloignement de tout mal et la purification des peines. La lueur des flammes semble chasser les ténèbres, apportant espoir et joie.
Le repas de fête constitue l’un des symboles les plus beaux de Novrouz. Au centre, on place la jeune pousse d’orge, germes verts qui représentent le renouveau de la vie ainsi que la prospérité et l’abondance. La table se pare de diverses pâtisseries — pakhlava, chekerboura, goghal, badamboura — chacune portant sa propre signification. Par exemple, le pakhlava, façonné en forme d’étoile, évoque l’univers et le soleil, tandis que le goghal symbolise la chaleur solaire.
Pendant les jours de Novrouz, le peuple organise divers jeux et divertissements. Les enfants font du porte-à-porte, toquent des œufs et chantent des chansons joyeuses. Ces activités ne sont pas seulement un amusement, elles représentent également un bel exemple de rassemblement, de solidarité et d’esprit communautaire.
Le peuple a apporté une contribution importante à la formation et au développement de la fête de Novrouz. Le Leader national Heydar Aliyev, qui accordait une grande importance aux traditions nationales, notamment à Novrouz, a déclaré : « Novrouz est l’une des fêtes que notre peuple a préservées depuis des siècles et chéries à toutes les époques. Son histoire, tout comme celle du peuple azerbaïdjanais, a été marquée par les épreuves et les rebondissements. Célébrer cette grande fête au niveau de l’État dans notre république indépendante témoigne du profond respect que nous éprouvons pour nos origines nationales, nos coutumes et notre passé historique, et illustre les liens indéfectibles qui nous unissent à eux. »

Une fête nationale célébrée à l’échelle internationale
La fête de Novrouz, incarnation de l’abondance, de la prospérité et de la générosité, est désormais célébrée à l’échelle internationale sous l’égide de l’UNESCO. Grâce aux énormes efforts de Mehriban Aliyeva, Novrouz a été inscrit sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Le 23 février 2010, l’Assemblée générale des Nations unies a déclaré le 21 mars Journée internationale de Novrouz.
Novrouz est une fête que plus de 300 millions de personnes dans le monde considèrent comme le début de la nouvelle année. Elle est célébrée depuis plus de 3 000 ans dans les Balkans, la région de la mer Noire, le Caucase, l’Asie centrale, le Moyen-Orient et dans d’autres régions.
Chez le peuple azerbaïdjanais, tout comme chez de nombreux peuples turciques, Novrouz est une fête qui reflète pleinement son patrimoine national et spirituel, célébrée à l’échelle de toute la population et intégrée comme une fonction essentielle à la pensée ethnique. Novrouz exprime les sentiments et les réflexions communes du peuple et occupe une place importante dans la préservation et la transmission de la culture turcique en tant qu’ancienne fête populaire.
La fête de Novrouz, annonciatrice de l’arrivée du printemps, célèbre l’éveil de la nature, le renouveau de la vie et l’exaltation de l’espoir. Elle constitue un pont spirituel, exprimant les racines anciennes, la riche culture et l’esprit national de notre peuple, et incarne une philosophie de vie éternelle dans la mémoire collective.